Rencontres et prière pour l’unité des chrétiens
Rencontres Œcuméniques -échange de chaires :
Dimanche 18 janvier : le pasteur Olivier assure la prédication à NDE.
Dimanche 25 janvier : notre communauté est invitée après la messe à visiter le temple et à déjeuner sur place.
Dimanche 22 février : Antoine assure la prédication au temple (culte de 10h30).
Dimanche 8 mars : la communauté du temple visite NDE et déjeune sur place avec nous.
Adresse du temple du Marais : 17 rue Saint-Antoine.
Messe du 18 janvier
Jean 1, 29-34
En ce temps-là, voyant Jésus venir vers lui, Jean le Baptiste déclara : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ; c’est de lui que j’ai dit : L’homme qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. Et moi, je ne le connaissais pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il soit manifesté à Israël. » Alors Jean rendit ce témoignage : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui. Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : ‘Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint.’ Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. »
Prédication
« Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde » mais Jean-Baptiste pour en arriver là suit tout un chemin. Ici Jean le Baptiste ne dit pas ce qu’il pense de Jésus, mais il dit ce qu’il a reçu, ce qu’il a vu, ce qui lui a été donné à reconnaître.
Dans le texte de l’Évangile, rien n’est évident. Jean n’est pas en train de dire ce qu’il pense. Il n’est pas en train d’exprimer une intuition personnelle. Il dit ce qu’il a reçu, ce qu’il a vu, ce qui lui a été donné à reconnaître.
Alors je crois que le cœur du passage se trouve dans cette phrase que nous entendons moins souvent : « celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit… »
Autrement dit, la reconnaissance du Christ commence avant même que Jean ne voie Jésus. Elle commence par une parole du Père, car il n’y a que Dieu le Père qui a pu dire cela à Jean, Jésus, le Fils n’étant pas encore dans la scène.
Jean n’est donc pas l’origine de ce qu’il annonce. Il est envoyé. Et il est envoyé avec une parole reçue. La révélation n’est pas produite par l’événement lui-même, elle est éclairée par ce que Dieu lui a dit.
C’est très important cela. Nous ne sommes pas à l’origine de ce que nous annonçons : si non personnellement, je ne pourrai annoncer que Olivier, pasteur, protestant. Et ce n’est pas cela. Parce que nous ne sommes pas à l’origine de ce que nous annonçons, nous pouvons nous retrouver autour des paroles qui nous sont envoyées de la part du Seigneur et en plus, nous pouvons nous enrichir en partageant la manière dont le Seigneur nous parle.
La foi chrétienne commence par une révélation reçue, non par une construction religieuse humaine.
Et cela explique une autre parole, surprenante, que Jean répète deux fois : « et moi, je ne le connaissais pas ». Cette phrase mérite d’être entendue sans l’adoucir. Jean ne dit pas : « Je le connaissais mal » ni « je ne le connaissais que peu ». Il dit : « moi, je ne le connaissais pas » Ce n’est pas une figure de style. En effet, nous savons que Jean et Jésus étaient cousins (enfin chez Luc). Donc s’il dit qu’il ne le connaissait pas, c’est bien que sur sa place de Parole de Dieu incarnée, il ne le connaissait pas. Le prophète Jean Baptiste reconnaît que, sans révélation, il n’aurait pas reconnu le Messie, même s’il était son cousin et en tout cas même en étant prophète.
Cela nous dit quelque chose d’essentiel. On ne reconnaît pas le Christ par proximité humaine, ni par compétence religieuse, ni même par vocation prophétique. Le plus grand des témoins commence par ne pas savoir, le dernier des prophètes a besoin de la révélation.
La foi ne commence pas par ce que nous savons déjà de Dieu, mais par ce que Dieu nous donne de connaître à nouveau, de re-connaître. Et c’est pour cela que les échanges et les rencontres entre Eglises sont si importantes. Et pour faire suite à ce que nos deux églises ont vécu au tournant de l’année : servir ensemble apprend à reconnaître chez l’autre ce qui me manque (ce qui est toujours bon pour notre humilité et du coup nous fait grandir), et reconnaître ce que je n’avais pas vu de Dieu, et que lui a vu.
C’est alors que le texte introduit un troisième élément décisif, le critère de reconnaissance de qui est le Christ. Jean dit : « celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint. » et seulement après il ajoute : « moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. »
La reconnaissance du Christ n’est pas laissée à l’arbitraire. Elle n’est pas purement intérieure. Elle n’est pas le fruit d’une émotion ou d’une conviction personnelle. Dieu donne un critère précis : « tu verras » dit-il. Il y a quelque chose à voir, à discerner, à reconnaître dans l’histoire.
Et ce qui est donné à voir, ce n’est pas une performance, ni un éclat, ni un signe de puissance. C’est l’Esprit qui descend et qui demeure. Le verbe demeurerest fondamental. Il ne s’agit pas d’un passage, d’une visitation ponctuelle, mais d’une présence stable, fidèle, continue. Jésus est celui sur qui l’Esprit repose, et sur qui il demeure.
C’est à partir de ce signe que Jean peut dire : « moi, j’ai vu, et je rends témoignage ». Le témoignage ne précède pas la vision, il en découle. Jean ne témoigne pas de lui-même, mais de ce qu’il a vu, conformément à la Parole reçue. Et c’est alors seulement que la confession peut être formulée : « C’est lui le Fils de Dieu. »
Ici aussi, cela me semble très éclairant pour notre jour et notre situation de chrétien, aujourd’hui, dans ce quartier. Nous sommes, lorsque nous reconnaissons le Christ, lorsque nous confessons qu’il est au centre et qu’il fait le lien avec le Père, nous sommes tous des enfants de ce Père, des frères et sœurs en Jésus, son Fils unique. Et donc, ce Père n’a que des enfants, pas de petits-enfants. Reconnaître le Christ, est une affaire personnelle, de chacun et chacune et pour chaque génération.
Tout le passage nous apprend ainsi comment Dieu se fait reconnaître. Il ne se rend pas évident. Il se donne à connaître par révélation, par l’Esprit, selon un discernement reçu. La foi n’est pas une certitude fabriquée, mais une reconnaissance humble, patiente, obéissante.
Voici au fond, une belle feuille de route pour nous chrétiens de ce quartier : ensemble et séparément, discerner, reconnaître le Christ, échanger et partager dessus, se découvrir. Et puis ensuite témoigner, en paroles et en actes de qui il est.
Nous avons eu des rendez-vous avec l’accueil de Taizé, au tournant de l’année : prière, reconnaissance du Christ et de l’Esprit qui nous le montre, notamment par l’accueil de tous ces jeunes, ici comme au temple à côté. Encore prière aujourd’hui et puis la semaine prochaine, rencontre avec la communauté protestante en vous rendant au temple. Et puis il y aura le retour, la prédication par le père Antoine le 21 février et une visite du temple du Marais ici le dimanche 8 mars. Il nous restera aussi à savoir comment nous pourrons alors témoigner autour de nous, sans jamais oublier de revenir à la prière.
Cet Évangile nous invite, nous baptisés, nous prêtres, prophètes et rois, à apprendre à reconnaître le Christ. Apprendre à recevoir avant de parler. Jean le Baptiste nous invite à nous présenter comme celles et ceux à qui :
– ont été envoyé depuis leur baptême, par le Père
– ont attendu,
– ont discerné et vu, grâce à l’Esprit,
– puis ont témoigné fidèlement du Christ.
Amen
